Combien rapporte l’or ? La mauvaise question
« Combien rapporte l’or ? » est la mauvaise question, posée aux mauvaises unités. L’or ne verse rien. Il n’y a ni coupon, ni dividende, ni loyer. Ceux qui le jugent à l’aune du rendement passent à côté de ce qu’il fait réellement dans un patrimoine.
Un actif qui ne produit pas, mais qui conserve
Une action promet des bénéfices futurs ; une obligation verse des intérêts ; une monnaie dépend de la confiance dans une banque centrale. L’or ne promet rien et ne dépend de personne. Sa valeur vient de sa rareté et de la demande mondiale. Sur trente ans, il ne « rapporte » pas : il maintient le pouvoir d’achat, notamment quand l’inflation ronge les liquidités.
La performance se mesure en pouvoir d’achat, pas en euros
Juger l’or sur un an, c’est juger une assurance sur un jour de beau temps. La question pertinente est : que vaut mon épargne en pouvoir d’achat dans vingt ans ? C’est là que l’or joue son rôle de réserve de valeur, face à l’érosion monétaire que les rendements nominaux masquent. Et sa fiscalité, avec l’exonération après vingt-deux ans de détention, améliore la performance nette d’une façon que peu d’actifs égalent.
Le rôle exact : stabiliser, pas s’enrichir
Dans une allocation, l’or n’est pas le moteur de la croissance. C’est l’amortisseur : décorrélé des actions et des obligations, il réduit la volatilité de l’ensemble et protège le capital quand les autres classes chutent. Attendre de l’or qu’il « rapporte », c’est reprocher au coffre-fort de ne pas produire d’intérêts.
On n’achète pas de l’or pour ce qu’il verse. On en détient pour ce qu’il empêche de perdre.